
Poste ouvert de chef(fe) de groupe
6 mai 2026Au CRCM, la cellule PEP œuvre au quotidien pour promouvoir l’égalité et garantir un cadre professionnel respectueux et inclusif, de la sensibilisation des équipes jusqu’à l’accompagnement individuel en toute confidentialité.
Chargée de recherche INSERM, Agnès Tissier a traversé Strasbourg, Marseille et Lyon avec le même constat en tête : les femmes restent trop souvent absentes des postes à responsabilité. C’est cette conviction qui l’a conduite à rejoindre la cellule. Dans cet entretien sans détour, elle parle de biais inconscients, d’auto-censure, de carrières freinées — et surtout, de ce qu’on peut faire concrètement pour changer les choses.
1. Qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre cette cellule « Parité et Égalité Professionnelle » ?
Agnès Tissier : « Depuis ma titularisation comme chargée de recherche INSERM, j’ai travaillé à Strasbourg, Marseille et Lyon, où j’ai toujours observé la même chose : les femmes sont sous-représentées dans les postes de direction, que ce soit à la tête des équipes ou des unités. Au CRCM, j’ai rejoint la cellule « Parité et égalité professionnelle » pour agir collectivement : identifier les obstacles et proposer des solutions pour mettre en place une science plus inclusive.»
2. Pourquoi ce type d’initiative est-il important au CRCM ?
AT : « Le CRCM, en tant qu’institut de recherche, a un rôle modèle à jouer. Une cellule dédiée permet de sensibiliser, d’identifier les freins et de proposer des solutions adaptées à notre centre. »
3. Quels sont, selon vous, les principaux enjeux liés à l’égalité professionnelle dans le milieu scientifique ?
AT : « À mon sens, les défis liés à l’égalité professionnelle dans la recherche sont sérieux et urgents. Aujourd’hui encore, les femmes restent trop peu visibles dans les postes à haute responsabilité, les comités stratégiques ou les instances décisionnelles. Cette sous-représentation prive le milieu de talents, de perspectives et d’une dynamique collective plus riche.
Certains biais « inconscients » jouent également un rôle clé, souvent insidieux. Ils s’immiscent dans les processus de recrutement, d’évaluation, ou même dans l’attribution des tâches au quotidien. Ne voit-on encore des femmes se voir confier l’organisation des activités de cohérence de groupe ou des tâches administratives, tandis que leurs collègues masculins sont « naturellement » orientés vers des rôles scientifiques ou managériaux ? Ces mécanismes, parce qu’ils sont subtils, sont d’autant plus difficiles à déraciner – et pourtant, leurs conséquences sur les carrières sont bien réelles.
Enfin, la question du respect et de l’inclusion : harcèlement, micro-agressions ou simples remarques dévalorisantes. Ces comportements, trop souvent minimisés, créent des environnements toxiques qui freinent l’épanouissement professionnel, voire poussent certaines personnes à quitter le milieu. Un cadre de travail serein et bienveillant n’est pas un luxe, mais une condition essentielle pour que chacune et chacun puisse s’y investir pleinement.
Ces enjeux sont, pour moi, une question de performance collective. Un milieu scientifique plus inclusif est un milieu plus innovant et plus créatif afin de relever les défis de de la recherche. »
4. Quels sujets vous semblent aujourd’hui prioritaires ?
AT : « Je pense qu’il est important de continuer à travailler sur la visibilité des modèles féminins dans la science, et de lutter contre l’auto-censure des jeunes chercheuses, ou des plus âgées, qui ne postulent pas à des postes par manque de confiance. »
5. Observez-vous personnellement des freins ou des biais dans les carrières scientifiques ?
AT : « Même si je n’ai pas été directement confrontée à des situations de discrimination flagrante dans mon propre parcours, je reste consciente que des biais existent, comme le montrent de nombreuses études sur les carrières scientifiques.
Par ailleurs, dans mon entourage, certaines collègues m’ont raconté avoir été interrogées sur leur vie familiale lors d’entretiens, ce qui m’a interpellée, car je n’ai pas l’impression que ce type de question soit posé aux hommes. J’ai aussi été témoin d’une situation que j’ai perçue comme injuste, où une collègue n’a finalement pas obtenu la direction d’une équipe qui semblait pourtant lui être destinée. Ces éléments, même s’ils ne me concernent pas directement, contribuent à mon ressenti qu’il existe encore des freins dans les parcours scientifiques. »
6. Qu’espérez-vous apporter personnellement à cette cellule ?
AT : « Je souhaite avant tout m’impliquer activement dans le développement de cette cellule. J’ai à cœur de contribuer de manière concrète, que ce soit en participant aux actions mises en place, en proposant des idées ou en soutenant les initiatives existantes. J’ai été très impressionnée par la dynamique portée par cette cellule PEP aussi engagée, ce qui renforce ma motivation à m’y investir de façon constructive et durable. »
7. Quels types d’actions ou de projets vous tiennent à cœur ?
AT : « Je suis particulièrement intéressée par la mise en place d’actions de formation à destination des jeunes chercheurs et des étudiants. Je suis également sensible aux actions menées en collaboration avec la direction, notamment pour intégrer des critères d’égalité dans les processus d’évaluation. »
8. Si vous aviez un message à adresser aux jeunes membres du personnel du CRCM, quel serait-il ?
AT : « N’ayez pas peur de prendre de la place : votre voix compte, et vos idées méritent d’être entendues. Cherchez des alliées, et n’hésitez pas à solliciter la cellule si vous rencontrez des obstacles. Notre centre a besoin de votre diversité ! »
9. Une idée reçue sur la parité dans la recherche que vous aimeriez déconstruire ?
AT : « La parité, c’est une question de justice et d’efficacité collective. Les quotas sont un outil temporaire pour corriger des déséquilibres historiques. »
Pour en savoir plus sur la cellule PEP rendez-vous ici.





