Dans les coulisses du CRCM : rencontre avec Michel Baccini et Gagik Hovhannisyan, piliers du service informatique
26 janvier 2026
On fête officiellement les 3 ans de ChatGPT qui compte 800 millions d’utilisateurs actifs / semaine ce qui en fait l’outil le plus rapidement adopté de l’humanité. Pour certains d’entre nous, il partage notre quotidien.
L’objectif de cet article est de vous proposer un bref récap de la conférence consacrée aux impacts de l’IA qui s’est tenue le 13 janvier, organisée par le Secrétariat générale de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), avec le soutien de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) et de la Mission interministérielle numérique écoresponsable (NiNumEco).
Tristan Nitot, fondateur de Mozilla Europe et aujourd’hui intervenant auprès d’OCTI Technology, est intervenu sur le thème : « L’humanité a-t-elle les moyens de s’offrir l’IA? »
L’IA, un impact écologique, mais pas que !
OpenAI & Co s’efforcent de nous faire oublier que pour faire tourner ses IA, d’énormes datacenters sont construits partout dans le monde. Plus que la consommation d’eau pour leur refroidissement, on oublie bien trop souvent la bétonisation des sols, nécessaire pour la construction de ces nouvelles infrastructures, et donc l’impact sur la biodiversité.
Le matériel électronique, dont ces organisations sont d’énormes consommateurs, est construit à partir de minerais issus de mines situées dans des pays en voie de développement, où se mêlent travail des enfants, désastres écologiques (lacs d’acide sulfurique et autres) et conflits politiques.
Les intelligences artificielles nécessitent un entrainement qui repose sur les épaules des “travailleurs du clic”, des populations précaires qui se retrouvent à visionner du contenu traumatisant (viols, meurtres, pédophilie…) pour le classifier immoral et ce, sans aucune assistance psychologique.
Du côté utilisateur, l’IA requiert un fort esprit critique. Nos réseaux sociaux sont désormais inondés de contenus factices, voir même de fake news ! L’IA reproduit aussi les biais cognitifs de notre société (et classifie ainsi une main blanche tenant un tuyau d’arrosage comme un outil et comme une arme si la main est noire).
Puisque ChaGPT repose sur le contenu humain, il est limité en ce sens. ChaGPT est aussi entrainé pour constamment vous satisfaire. Il analyse votre question pour deviner la réponse qui vous conviendra le mieux, même si elle est fausse ! Ainsi ses réponses sont systématiquement biaisées. Pire encore, ChatGPT préfèrera donner une réponse fausse que d’admettre qu’il n’a pas la réponse ou qu’il n’en est pas capable. Ainsi le contenu qu’il génère nécessite une vérification attentive : lui faire citer ses sources, compter le nombre de jambes des individus de votre image…
Ainsi l’efficacité de ces IA est questionnable. Les IA représentent aussi une arme pour le démarchage téléphonique et les arnaques. Elles sont désormais capables de reproduire la voix de vos proches pour vous envoyer un message téléphonique d’urgence à partir des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. L’IA est donc un outil très puissant et potentiellement dangereux. La puissance de ChatGPT provient de sa nature : c’est un large language model (LLM) qui est le modèle le plus puissant disponible actuellement. Mais demander la recette du brownie à un LLM revient à aller chercher son pain en navette spatiale. Ainsi il existe d’autres outils hors LLM, tout aussi efficaces mais moins gourmands et moins problématiques, permettant de répondre avec autant de précisions à vos besoins quotidiens. Enfin, n’oubliez pas les anciens outils que nous avions tous l’habitude d’utiliser : traitement de texte, moteur de recherche… ou notre propre cerveau!
L’objet de cet article n’est pas de condamner l’utilisation de l’IA qui est un outil formidable pour des tâches hautement complexes. Certaines de nos équipes en font d’ailleurs un usage incroyable pour leurs projets de recherche. Néanmoins nous devons conscientiser notre utilisation quotidienne de cet outil. Pensez “Ai-je vraiment besoin de cette navette spatiale pour aller chercher mon pain ? Ma requête est-elle assez importante/complexe pour que je mobilise tout ce système ?”.
D’autres événements sont prévus dans les mois à venir pour réfléchir à un numérique plus durable dans le cadre de notre usage professionnel, mais aussi dans notre usage quotidien pour pouvoir chacun agir de façon plus responsable.
PS : ce post n’a pas été généré avec l’IA 🙂
