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Souvent discret mais absolument indispensable au bon fonctionnement du Centre, le service informatique joue un rôle clé dans le quotidien des équipes de recherche. Derrière chaque poste de travail opérationnel, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur une équipe engagée, polyvalente et réactive.
Dans cette interview, Michel Baccini et Gagik Hovhannisyan nous ouvrent les coulisses du service informatique du CRCM. Ils reviennent sur leurs parcours, la diversité de leurs missions, les défis technologiques auxquels ils font face et ce qui les anime au cœur d’un environnement de recherche aussi exigeant que stimulant.
Pouvez-vous résumer votre parcours en quelques étapes clés ?
Michel : « Rien ne me destinait formellement à l’informatique : j’ai commencé par un bac comptabilité-gestion, avant de développer une passion pour l’informatique, domaine dans lequel je me suis formé en autodidacte. En 1994, j’intègre le service informatique du PMU, pour une durée de 4 ans, puis celui de Darty pendant six ans, où j’acquiers une solide expérience technique. Après un passage de 6 mois à la Compagnie fruitière (port de la Joliette), je quitte le secteur privé en 2009 avec l’intention de poursuivre dans le secteur public. Suite à diverses tentatives, je me retrouve au CRCM. Au terme d’un CDD d’une année, j’ai pu me faire embaucher par l’Inserm en 2010. C’est au CRCM que je me forme plus spécifiquement aux environnements Linux et macOS. »
Gagik : « Mon parcours commence loin de la France, où après cinq années à l’Université Nationale Polytechnique d’Arménie, j’ai obtenu, en 2006, un diplôme d’ingénieur dans le domaine des transports. Après deux ans de service militaire obligatoire, j’ai créé en 2008 avec deux amis une petite entreprise d’informatique offrant des services de proximité (photocopies, impression, dépannage, …). En 2013, j’arrive en France, où je commence par une formation en langue française, puis une formation de technicien informatique entre 2019 et 2021. À l’issue de cette formation, une opportunité s’est présentée au CRCM, et je l’ai saisie. Ce qui a finalement abouti à mon embauche par l’Inserm en 2021. »
Quel est le périmètre du service informatique au sein du CRCM ?
M&G : « Il est particulièrement vaste. Il comprend la gestion de l’ensemble du parc informatique : postes de travail, serveurs, imprimantes, badges d’accès, logiciels bureautiques et scientifiques (Adobe, SnapGene, Prism…), mais aussi la conception des devis, la réception et l’installation du matériel, la gestion des déchets informatiques, le prêt d’ordinateurs pour les réunions, l’organisation technique des séminaires, sans oublier la hotline utilisateurs. Nous nous déplaçons régulièrement sur les différents sites du CRCM et assurons également le lien avec les informaticiens des différentes tutelles (Inserm, CNRS, AMU, IPC). »
Et les activités que l’on ne soupçonne pas ?
M&G : « Récemment, nous nous sommes occupés du devis concernant un système qui permet le déblocage des portes de l’animalerie en cas d’incendie. Cet exemple illustre combien nous sommes polyvalents. »
Quelles évolutions technologiques transforment particulièrement votre travail ?
M&G : « La cybersécurité est devenue centrale : il faut s’adapter en permanence aux nouvelles menaces et renforcer la protection des postes et des serveurs. Quant à l’intelligence artificielle, elle nous aide… pour l’instant, notamment comme outil de recherche d’information : ChatGPT a fini par remplacer Google. »
Quelles sont les demandes les plus fréquentes des équipes du CRCM ?
M&G : « Les trois quarts du temps, les demandes concernent des incidents : ordinateur qui ne démarre plus, compte mail bloqué, panne matérielle… Le reste porte sur l’installation, la mise à jour des logiciels et la maintenance. »
Des demandes parfois… inappropriées ?
M&G : « Il arrive que certains sollicitent très rapidement le service informatique pour des problèmes simples qu’ils pourraient résoudre eux-mêmes… comme un simple câble débranché. »
Comment sensibilisez-vous les utilisateurs aux bonnes pratiques numériques ?
M&G : « Nous disposons dans le livret d’accueil pour les nouveaux arrivants d’un espace dédié à l’informatique, ainsi que d’un livret spécifiquement consacré aux usages numériques. »
Comment vous répartissez-vous le travail au sein du service ?
M&G : « Nous ne sommes que deux, avec des compétences complémentaires : Michel est davantage orienté serveurs et projets, Gagik vers le support, la maintenance et la hotline. Nous pouvons nous relayer en cas d’absence, mais dans une certaine limite. Une personne supplémentaire permettrait de mieux se spécialiser, de développer la communication interne sur ce qui se fait en informatique, d’améliorer les procédures et de renforcer la sensibilisation aux bonnes pratiques (notamment sur les mots de passe). »
Votre plus grande satisfaction… et votre plus grand casse-tête ?
M&G : « Nous apprécions particulièrement le milieu de la recherche, stimulant intellectuellement. Les séminaires sont souvent l’occasion d’apprendre… lorsqu’ils sont suffisamment vulgarisés. La diversité des systèmes (Windows, macOS, Linux) rend aussi le métier intéressant.
Le principal casse-tête reste… Linux : il a fallu une semaine entière pour résoudre un seul problème. »
Et en dehors du labo, vos activités et centres d’intérêt ?
M : « Cela tient en quatre mots : patinage, roller, baseball et randonnée. »
G : « Les voyages et la découverte touristique, des choses que je n’avais pas pu faire avant mon arrivée en France. »

